Les fraises de Californie qui arrivent par camion
passent entre trois et dix jours entre la cueillette et l'assiette.
Une poire africaine, tout comme les poivrons de Hollande, voyagent
encore plus longtemps.« Certains
nutriments sont très instables. Plus longtemps dure le transport,
plus il y a de risques de perdre ces nutriments », avance Rod MacRae,
consultant en politique alimentaire de Toronto et instructeur de
sécurité alimentaire à l'université Ryerson. « Personne ne s'occupe
vraiment de cela. »
Un fruit qui doit traverser la moitié du globe
pour arriver à son marché est cueilli plus tôt que s'il est vendu
frais tout juste à côté. Cela peut aussi compromettre sa valeur
nutritionnelle.
MacRae donne en exemple les fichiers de données
nutritionnelles colligées par le Canada, les États-Unis et le
Royaume-Uni, et qui constituent des bases de données historiques
concernant le contenu nutritionnel des aliments.
« Dans les trois pays, certains
nutriments connaissent un déclin significatif et l'on n'en connaît
pas la véritable raison, dit-il. Je soupçonne qu'un des facteurs est
la mondialisation. »
Alors, si la nourrituere voyage sur de
plus longues distances que jamais, qu'est-ce qui la garde fraîche et
de belle allure tout au long du parcours?
Que ce soit un fruit, un légume, un
aliment transformé ou surgelé, la réponse est la même : ils baignent
tous dans une soupe chimique. Tout comme le papier Saran,
l'industrie agroalimentaire s'est emballée dans la durée de
conservation.
La nourriture doit être capable de
prendre la route parce que les résultats financiers de l'industrie
dépendent de sa longue et heureuse présence sur les tablettes des
magasins. L'apparence est aussi un facteur clef; les aliments
doivent donc avoir belle allure tout en se conservant un long
moment.
Comment l'industrie fait-elle pour y
arriver? C'est qu'elle garde dans sa cuisine collective quelques
additifs sous la main. |