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LE SOLEIL - Cyberpresse.ca - Publié le 30 janvier 2011

Saviez-vous que...

certains produits naturels sont susceptibles de diminuer les facteurs de risques d'atteinte de la maladie d'Alzheimer? Les antioxidants, le bleuet, le ginkgo biloba, les phosphatidylserines, etc. sont des aides pour le maintien de la santé des cellules du cerveau.

Alzheimer : Le fléau de la maladie de l'oubli


 

Plus de 480 000 Canadiens sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'un trouble apparenté.




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(Québec) - La maladie d'Alzheimer fait peur, avec raison. En plus d'être une maladie dégénérative incurable, dont le nombre de cas diagnostiqués a explosé partout dans le monde, elle s'attaque à ce qu'il y a de plus fondamental chez l'être humain, la personnalité. La progression de la maladie est fulgurante, en raison notamment du vieillissement de la population, mais heureusement, même si une cure se fait toujours attendre, les progrès pour repousser les ravages de l'alzheimer sont réels.


D'abord, quelques statistiques. Plus de 480 000 Canadiens sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie apparentée, un nouveau cas toutes les cinq minutes. Dans 30 ans, ce sera un toutes les deux minutes. Au Québec, environ 120 000 personnes âgées de plus de 65 ans en souffrent. Les deux tiers sont des femmes (les spécialistes ignorent précisément pourquoi, d'ailleurs). En 2038, on estime que plus de 289 000 Québécois souffriront d'une forme ou d'une autre de démence, soit 3,4 % de la population.

Dans la grande région de Québec, on évalue à 15 000 le nombre de personnes atteintes (ce chiffre double tous les 20 ans), soit 1 personne sur 11, de 65 ans et plus. Sans compter tous les proches aidants (surtout des femmes) et les membres de la famille, qui deviennent aussi «victimes» : une personne atteinte a un effet sur cinq autres dans son entourage.

De plus, le fardeau économique relié aux démences double toutes les décennies. En 2008, au Québec, les coûts associés à la maladie d'Alzheimer ou à une maladie apparentée étaient de 3,6 milliards $ par année. Ils bondiront à près de 38 milliards $ en 2038. Avec la population vieillissante, les spécialistes estiment que la maladie d'Alzheimer représentera le fardeau social et sanitaire le plus important dans le domaine de la santé, au pays. Le Canada n'a pour l'instant aucune stratégie de lutte contre la maladie d'Alzheimer et les démences apparentées, bien que le gouvernement canadien vienne d'annoncer un octroi de 8,6 millions $ pour appuyer de nouvelles recherches sur la maladie.

Ajoutons que dans le monde, en 2010, 36 millions de personnes étaient atteintes, ce qui représente des coûts de 604 milliard $ US, un montant appelé à augmenter de... 85 % d'ici 20 ans.

Le Dr Rémi Bouchard, neurologue, et directeur de la Clinique de la mémoire et de l'unité de recherche alzheimer à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, traque la maladie depuis 40 ans. Il a été témoin de son évolution spectaculaire et de ses ravages. Mais heureusement, le neurologue a pu également mesurer les avancées de la recherche, et sans la guérir complètement, on peut maintenant traiter la maladie plus efficacement et en retarder l'évolution.

Depuis 25 ans, les chercheurs ont réussi à développer quatre médicaments, mais aucun depuis 2004. «Mais actuellement, il y a un regain au niveau de la recherche, partout dans le monde», estime le Dr Bouchard. Selon le chercheur, on s'attaque maintenant à d'autres cibles, notamment le diagnostic biologique précoce, avant l'apparition des symptômes. Objectif : des traitements pour littéralement bloquer la maladie.

D'une certaine façon, peut-on se prémunir de la maladie? «Disons qu'on peut réduire les facteurs de risques, explique le neurologue.

Les recherches ont démontré qu'avec plus d'activité physique et une activité intellectuelle continue, la maladie se manifeste plus tardivement.» Également, le traitement adéquat de l'hypertension, du diabète et du cholestérol diminuerait les facteurs de risques de l'alzheimer.

Cependant, ce qui sidère le Dr Bouchard, c'est que même si on semble beaucoup en parler, les gens connaissent peu la maladie. Un sondage de la Société Alzheimer révèle qu'une majorité de baby-boomers au pays manquent de connaissances sur l'Alzheimer et 23 % sont incapables de nommer un des signes précurseurs. Pourtant, on estime qu'un baby-boomer sur cinq sera affecté par la maladie.

«Les bras me sont tombés quand j'ai lu ça», se désole le Dr Bouchard. D'où l'importance de la diffusion d'information sur le sujet. Ne pas alarmer inutilement, mais informer et éduquer les gens, insiste le chercheur, qui continue sa lutte acharnée contre la maladie d'Alzheimer. «Il serait un peu fort de parler de guérison pour l'instant. Mais l'espoir de contrôler davantage la maladie est là.»           

 

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